Le notaire – Conseiller juridique avant tout – Jessie Labrecque
/dans acheteur/par Catherine CatherineAcheter une reprise de finance : tout ce qu’il faut savoir!
/dans acheteur/par Catherine CatherineVous avez entendu parler des reprises de finance et vous vous demandez si c’est encore une bonne affaire dans le marché actuel ? La question est légitime. Pendant longtemps, ces propriétés saisies par les institutions financières représentaient des aubaines incroyables. Aujourd’hui, dans un contexte de marché de vendeurs où l’inventaire est historiquement bas, la réalité est plus nuancée — mais les opportunités existent toujours pour l’acheteur bien informé.
Dans ce guide complet, l’équipe Jean-François Morin vous explique exactement ce qu’est une reprise de finance, comment fonctionne le processus d’achat, et surtout, comment éviter les pièges qui font mal.
Qu’est-ce qu’une reprise de finance au Québec ?
Une reprise de finance — aussi appelée prise en paiement dans le jargon juridique québécois — survient lorsqu’un propriétaire cesse de rembourser son prêt hypothécaire. Le créancier hypothécaire (généralement une institution financière comme Desjardins, la Banque Nationale ou la BMO) entame alors une procédure légale pour récupérer le bien en échange de la dette impayée.
Concrètement, deux scénarios sont possibles :
- La prise en paiement directe : l’institution financière devient propriétaire du bien après obtention d’un jugement du tribunal, conformément aux articles 2748 à 2762 du Code civil du Québec.
- La vente sous contrôle de justice : un représentant désigné par le tribunal procède à la vente aux lieu et place du propriétaire défaillant.
Le préavis d’exercice : une protection pour le débiteur
Avant de procéder, le créancier doit obligatoirement publier un préavis d’exercice au Registre foncier du Québec. Ce préavis accorde au débiteur un délai de 60 jours pour régulariser sa situation — rembourser les arrérages, vendre la propriété de son plein gré, ou trouver un autre arrangement. Ce n’est qu’à l’expiration de ce délai, sans solution trouvée, que la prise en paiement peut être complétée.
Est-ce encore une bonne affaire en 2025 ?
C’est la question que tout le monde se pose. La réponse courte : oui, mais plus automatiquement.
Dans les années 2000 et 2010, les institutions financières cherchaient surtout à récupérer les sommes dues le plus vite possible, ce qui générait parfois des prix très en dessous du marché. Aujourd’hui, dans la région de Québec où le marché immobilier affiche une hausse de 17 % du prix médian des maisons unifamiliales en 2025, la dynamique a changé.
Voici ce que vous devez savoir :
- Le prix est fixé par deux évaluateurs agréés et un courtier immobilier avant la mise en marché — il ne descend jamais sous la valeur marchande, sauf si la propriété nécessite des travaux majeurs importants.
- Les reprises de finance sont désormais listées sur Centris.ca, au même titre que les propriétés ordinaires, et font l’objet de surenchères dans les secteurs populaires.
- L’aubaine potentielle existe toujours dans les cas où la propriété présente des défauts importants ou se situe dans un secteur moins compétitif.
Reprise de finance vs vente ordinaire : les différences clés
Avant de soumettre une offre, vous devez absolument comprendre ce qui distingue une reprise de finance d’une transaction immobilière classique.
L’absence de garantie légale : le point le plus important
C’est là que ça fait mal. Dans une vente ordinaire, le vendeur est tenu par la garantie légale de qualité prévue au Code civil du Québec — ce qui vous protège contre les vices cachés. Dans une reprise de finance, cette garantie est absente. L’institution financière vend le bien tel quel, sans aucune responsabilité pour les défauts cachés qui pourraient se manifester après la transaction.
Comme l’OACIQ le rappelle, cela signifie que si une infiltration d’eau majeure, un problème de fondation ou une contamination au radon est découverte après la signature, vous n’avez aucun recours contre le vendeur.
Les documents manquants
L’institution financière ne fournira que les documents en sa possession. Concrètement :
- Pas de nouveau certificat de localisation si celui du dossier est périmé — les frais d’un arpenteur-géomètre (environ 600 $) seront à votre charge si votre prêteur l’exige.
- Pas de test d’eau ni de conformité de l’installation septique si la propriété n’est pas raccordée au réseau municipal.
- Pas de déclaration du vendeur sur l’état connu de la propriété.

Les étapes pour acheter une reprise de finance à Québec
Voici le processus réel, de A à Z :
1. Préapprobation hypothécaire Avant tout, obtenez votre préapprobation auprès de votre institution financière ou d’un courtier hypothécaire. La SCHL rappelle que les règles d’assurance prêt s’appliquent de la même façon pour une reprise de finance que pour une propriété ordinaire.
2. Identification de la propriété Les reprises de finance sont publiées sur Centris.ca et gérées par des courtiers immobiliers mandatés par les institutions financières. Vous pouvez consulter les propriétés disponibles dans la région de Québec pour avoir une vue d’ensemble du marché actuel.
3. L’inspection préachat : non négociable Puisqu’il n’y a aucune garantie légale, l’inspection préachat devient votre seule protection. Engagez un inspecteur en bâtiment accrédité par l’OACIQ avant de confirmer votre offre. C’est une condition sine qua non.
4. La promesse d’achat Un dépôt de 1 000 $ est généralement exigé au dépôt de l’offre (remboursable si votre offre n’est pas retenue). Votre promesse d’achat doit être valide pour au moins 5 à 7 jours ouvrables, car les offres sont évaluées par un avocat ou un représentant de l’institution, ce qui prend entre 3 et 5 jours.
5. Évaluation et acceptation Toutes les offres reçues sont analysées simultanément. L’institution financière retient la meilleure offre globale — pas nécessairement la plus haute, mais la plus solide (conditions, financement, délais).
6. Signature chez le notaire La transaction se complète comme toute vente immobilière, devant notaire. Les droits de mutation (taxe de bienvenue) s’appliquent normalement.
Les pièges à éviter absolument
1. Sauter l’inspection pour gagner en compétitivité
Dans un marché tendu, certains acheteurs retirent la condition d’inspection pour rendre leur offre plus attrayante. Avec une reprise de finance — et l’absence totale de garantie légale — c’est une erreur qui peut coûter des dizaines de milliers de dollars.
2. Négliger le test d’eau et l’inspection septique
Si la propriété est en zone rurale ou semi-urbaine dans des secteurs comme la Beauce, Lac-Etchemin ou certaines parties de Lévis, vérifiez impérativement la conformité de la fosse septique et la qualité de l’eau. Ces vérifications ne sont pas fournies par le vendeur.
3. Sous-estimer les coûts de remise en état
Les propriétés en reprise de finance ont souvent été laissées à l’abandon pendant plusieurs mois. Prévoyez un budget réaliste pour les travaux avant de calculer votre potentiel d’aubaine réel.
4. Ne pas s’entourer d’un courtier expérimenté
Naviguer seul dans une reprise de finance, c’est prendre des risques inutiles. Un courtier immobilier connaissant bien ce type de transaction peut vous aider à évaluer le juste prix, structurer une offre compétitive et protéger vos intérêts jusqu’à la signature.
Reprise de finance Desjardins : ce qu’il faut savoir
Desjardins est l’institution financière la plus active dans les reprises de finance au Québec, compte tenu de sa part de marché hypothécaire dominante dans la province. Les propriétés saisies par Desjardins sont gérées par des courtiers mandatés et publiées sur Centris comme toute autre inscription.
Il n’existe pas de liste publique ou de portail Desjardins dédié aux reprises de finance accessibles directement au grand public — contrairement à ce que certains sites laissent croire. La meilleure façon de suivre ces opportunités est de travailler avec un courtier immobilier actif dans votre secteur cible, qui peut configurer des alertes Centris filtrées sur ce type de propriétés.
Conclusion : la reprise de finance, une opportunité pour l’acheteur préparé
La reprise de finance n’est pas un raccourci vers l’aubaine garantie — c’est une opportunité réelle pour l’acheteur qui fait ses devoirs. Dans la région de Québec et sur la Rive-Sud de Lévis, ces propriétés représentent encore une avenue intéressante, à condition d’y aller avec les bons outils : inspection rigoureuse, budget travaux réaliste, et accompagnement professionnel.
Vous avez repéré une reprise de finance qui vous intéresse, ou vous souhaitez être alerté dès qu’une propriété de ce type est mise en marché dans votre secteur ? Contactez l’équipe Jean-François Morin — nos courtiers connaissent ce marché de fond en comble et peuvent vous accompagner à chaque étape, de la recherche jusqu’à la signature chez le notaire.
Vice caché: faut-il poursuivre les anciens propriétaires?
/dans acheteur, Vice caché/par Catherine CatherineHeures d’ouvertures – Administration :
Lundi au vendredi : 8:30 à 16:30
Samedi & Dimanche : —
Heures d’ouvertures – Courtiers:
Tous les jours : 7 :00 à 22 :00

Équipe Jean-François Morin
Nous Vendons Votre Maison Inc.
Agence Immobilière
Place d’affaires, Lévis
2055 Boulevard Guillaume-Couture, Suite 110, Lévis , G6W 2S5
418.801.8011


