Où vivent les plus riches et les plus pauvres?

Découvrez quel est le revenu médian dans votre quartier et partout ailleurs avec notre carte interactive

Le dernier recensement de Statistique Canada permet de brosser un portrait précis de chaque quartier, notamment au niveau de la richesse. La carte ci-dessous représente chaque « aire de diffusion » en fonction de sa position par rapport au revenu médian national des ménages, qui se chiffre à 70 336 $. Si le revenu médian y est inférieur, cette aire sera située sous la barre des 50 % (donc en gris). À l’inverse, plus le revenu y est supérieur à la médiane nationale, plus l’aire tendra vers le rouge.

Zoomez, dézoomez et explorez la carte ci-dessous, à l’échelle des provinces, des villes ou des quartiers, pour découvrir le portrait le plus précis possible de ces données.

Cette carte a été réalisée par Anagraph, entreprise de géomatique spécialisée en intelligence géospatiale, pour Le Devoir.

Zoom sur plusieurs villes

Les cas Westmount, Outremont et Mont-Royal

En examinant la carte de l’île de Montréal, un premier élément saute aux yeux : les îlots de richesse que sont Westmount, Outremont et Mont-Royal.

Comment expliquer la présence de ménages plus riches dans ces zones parfois à un jet de pierre de quartiers bien plus pauvres ? C’est une question « de prestige » et « de transmission du revenu », résume Marie Connolly, professeure au Département des sciences économiques à l’ESG UQAM.

Plusieurs grandes villes canadiennes comptent des quartiers aisés non loin du centre-ville. « Qu’on le veuille ou non, les quartiers centraux d’une ville ne grandissent pas » et leur proximité des centres d’intérêt leur donne de la valeur, poursuit-elle.

Mais dans le cas de ces fiefs de la bourgeoisie montréalaise, il y a « un grand aspect historique » qu’il ne faut pas négliger, modère la professeure. Si leur population reste aisée, c’est que « la classe sociale — et la fortune, souvent — est transmise entre les générations qui grandissent dans ces quartiers ».

Au Canada, la mobilité sociale n’a cessé de baisser au cours de 30 dernières années, souligne-t-elle. « Ceux qui sont issus d’une classe sociale aisée ont statistiquement plus de chance d’y demeurer. »

Et comme pour lui donner raison, triste contraste : on retrouve aussi à Montréal, non loin de ces îlots, une des zones les plus pauvres du pays, où le revenu médian des ménages est de… 11 800 $.

Les vents du « West Island »

En portant le regard sur la métropole, un autre constat s’impose. La richesse penche vers l’ouest, une règle qui s’applique aussi à d’autres villes du pays. Tout comme au coeur de Montréal, l’histoire a aussi son rôle à jouer ici. Mais, à en croire des chercheurs de la réputée London School of Economics, un autre élément — plus surprenant celui-là — serait en jeu ici : les vents dominants.

Dans une étude publiée en novembre 2016, Stephan Heblich, Alex Trew et Yanos Zylberberg confirmaient l’intuition de plusieurs : les quartiers situés à l’est des villes occidentales sont plus pauvres parce qu’ils sont plus exposés à la pollution aérienne.

Au Canada comme au Royaume-Uni, les vents soufflent généralement de l’ouest vers l’est. Les polluants aériens se déposent donc à l’est de leur point d’origine. En combinant simulations informatiques et examen des registres britanniques, les chercheurs avaient ainsi exposé cette surprenante corrélation.

À Québec (et ailleurs), des poches de pauvreté et une périphérie plus riche

Comme bien des villes (Montréal y compris), Québec se démarque de la zone qui l’entoure d’une triste manière : par la présence d’importantes poches de pauvreté, où le revenu médian moyen est inférieur à celui du reste du pays.

Mais pourquoi tant de pauvreté dans des zones urbaines qu’on croirait prospères ? « Dans une ville, par rapport aux zones moins urbanisées, il y a plus d’occasions [d’emploi et de mobilité] », explique la professeure Marie Connolly. Bref, il ne faut pas ignorer la force d’attraction de la ville.

Hors des grands centres, le nombre peu élevé d’habitants force aussi une plus grande mixité sociale, souligne la professeure.

L’appel de la banlieue — l’exode urbain — est aussi en partie responsable, poursuit-elle. « Les ceintures autour des villes canadiennes sont composées de ménages plus aisés. […] Les riches peuvent plus aisément choisir l’endroit où ils habitent. S’ils veulent plus d’espace, ils peuvent absorber les coûts de transport associés à leurs désirs, délaissant certains quartiers urbains. »

Tout comme à Saguenay…

Même dans les plus petits centres urbains, le phénomène se répète.

… et à Sherbrooke

La dévitalisation du nord de l’Outaouais et des Laurentides

La dévitalisation de certaines régions du Québec — et, surtout, des industries qui les ont soutenues — se révèle rapidement à l’examen de la carte. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’aller très loin des grands centres urbains pour le constater : à un peu moins de 250 km de Montréal, à Mont-Laurier, le revenu médian des ménages se compare mal à celui du reste du pays, symptôme d’une région où l’économie a longtemps reposé sur l’exploitation de l’abondante forêt qui l’entoure.

Les difficultés des régions éloignées

Plus loin, à l’est de la province, la situation n’est guère plus reluisante. Les difficultés bien documentées que vit la Gaspésie se révèlent dans les données sur le revenu des ménages.

Mais au-delà des troubles économiques, les régions éloignées du Québec vivent un problème d’accès à l’éducation, souligne Claire Durand, professeure au Département de sociologie de l’Université de Montréal. « En Basse-Côte-Nord, à La Romaine, par exemple, les écoles finissent en 4e secondaire, illustre-t-elle. Pour les élèves, faire sa 5e secondaire, ça implique de s’exiler et d’aller à Blanc-Sablon. »

Toutes les régions du Québec ne subissent évidemment pas une telle situation, mais « le principal déterminant » du revenu d’un ménage, « c’est l’accès à l’éducation », souligne la spécialiste des statistiques sociales.

Sept-Îles et Uashat mak Mani-Utenam : le contraste

Sur la Côte-Nord, Sept-Îles se révèle comme un surprenant îlot de richesse, gracieuseté de son statut de quasi-métropole régionale. Mais au milieu de zones au revenu médian plus élevé, une zone grise : la réserve innue de Uashat mak Mani-Utenam.

On serait tenté de croire qu’il s’agit d’un autre symptôme d’un mal qui afflige les autochtones, mais la professeure Claire Durand sert ici un avertissement : « À l’échelle du Canada, à éducation égale, les revenus sont semblables entre autochtones et non-autochtones. »

Quelque 50 % des autochtones ne vivent pas dans une réserve au Canada, un pourcentage qui descend à 30 % au Québec, rappelle-t-elle. « D’ailleurs, plus les gens sont éduqués et riches, plus ils ont tendance à habiter hors réserve, ne serait-ce que parce qu’il manque de place [et qu’il est impossible d’en étendre le territoire]. »

Les réserves comptent donc une proportion plus élevée de travailleurs moins qualifiés, ce qui rend le revenu de leur population plus sensible à d’autres facteurs, comme la discrimination à l’embauche. « Mais les communautés autochtones négocient maintenant des ententes pour contrer ça, heureusement. »

Les frontières de Gatineau-Ottawa

Sans surprise, le revenu médian dans la région d’Ottawa se révèle assez élevé. Après tout, la capitale fédérale se classe parmi les régions les plus riches du pays. Mais la frontière entre l’Ontario et le Québec reste visible en examinant les données sur le revenu : à Gatineau, les quartiers les plus pauvres se situent le long de la rivière ; à Ottawa, c’est le contraire.

La riche Toronto et sa périphérie tentaculaire

Dans la métropole canadienne, la richesse prend un visage légèrement différent que dans la plupart des villes. Elle est présente en périphérie, comme ailleurs, mais elle est aussi présente en plein coeur de la ville, dans Centertown et North York, des quartiers en vogue qui attirent des résidants d’à travers le monde. Mais ces chiffres peuvent être trompeurs, car le marché immobilier du centre de Toronto est en pleine surchauffe : le prix de vente moyen d’une propriété y était de presque 800 000 $ en juin dernier.

Il faut également prendre note de l’ampleur de sa banlieue — étendue, tentaculaire et relativement riche, allant même englober les coeurs urbains de Hamilton, au sud, et d’Oshawa, à l’est.

Cette région de l’Ontario est souvent qualifiée de coeur économique du Canada. Les revenus médians de ses habitants semblent donner raison à cette affirmation : l’agglomération torontoise compte huit des dix zones les plus riches au pays. Mais cette richesse ne se fait pas sans perdants : on y compte aussi quatre des dix plus pauvres.

Calgary et la richesse du pétrole

Bien que les sommets du prix du pétrole soient maintenant bien loin, la quatrième plus grande ville du Canada baigne toujours dans l’argent issu des ressources naturelles. Ici, les grandes poches de pauvreté qu’on retrouve dans la plupart des coeurs urbains canadiens sont presque absentes. Et deux des dix zones les plus riches au pays sont ici.

La course vers l’or noir de Fort McMurray

Dans cette véritable « boom town » pétrolière qu’est Fort McMurray, le salaire médian des ménages est toujours extrêmement élevé. Ici aussi, l’argent du pétrole dope les revenus, mais ces montants exorbitants sont à prendre avec un grain de sel : le coût de la vie dans cette ville de 80 000 habitants, à 435 km au nord d’Edmonton, compte parmi les plus élevés au pays. À titre d’exemple, en 2015, le prix moyen d’une habitation y oscillait autour de 600 000 $.

Surprenante Vancouver

On s’attendrait à des revenus médians très élevés dans les ménages de Vancouver, mais ce n’est pas le cas. Bien que le prix moyen d’une maison y soit de 1,2 million de dollars, on y constate relativement peu de revenus hors-norme. Pourquoi ? Deux pistes de solution : plusieurs maisons y ont été achetées il y a plusieurs années, avant que les prix de vente bondissent ; et l’investissement étranger, qui a fait gonfler les prix à un point tel que le gouvernement britanno-colombien a été forcé d’imposer une taxe à l’achat.

Un texte de Guillaume St-Hilaire

http://www.ledevoir.com/documents/special/17-10_carte-revenu-median/index.html?utm_campaign=Autopost&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1508010612

MAJ : 2017-10-17 – CB

Kitec: la plomberie qui fait fuir des assureurs

Publié le 29 septembre 2017 à 09h37 | Mis à jour le 29 septembre 2017 à 09h37

Les pièces de plomberie Kitec ont été installées... (Photo André Dumont, collaboration spéciale)

Les pièces de plomberie Kitec ont été installées dans des milliers de maisons et condos neufs jusqu’en 2007.

PHOTO ANDRÉ DUMONT, COLLABORATION SPÉCIALE

ANDRÉ DUMONTCollaboration spéciale

La Presse

Un tuyau orange pour l’eau chaude, un tuyau bleu pour l’eau froide. Ce type de plomberie, qui n’est plus vendu, ne provoque pratiquement jamais de dégâts d’eau. Les problèmes sont d’un tout autre ordre. Et pourraient vous causer bien des soucis avec les assurances…

Le système de plomberie Kitec est apparu sur le marché en 1995. L’installation de ces tuyaux flexibles était plus facile et plus rapide que celle des tuyaux de cuivre. Ils sont composés de deux épaisseurs de plastique séparées par une couche d’aluminium.

Le Kitec a été installé dans des milliers de maisons et condos neufs jusqu’en 2007. On le retrouve dans plusieurs édifices à condos de la grande région de Montréal. Des rues complètes de maisons dans le quartier Bois-Franc en sont équipées. Ces tuyaux orange et bleus peuvent aussi s’être retrouvés dans des projets de rénovation.

Aujourd’hui, le Kitec a été supplanté par le PEX, un produit du même fabricant, IPEX. Le PEX est moins cher, tout aussi flexible et facile à installer. Mais surtout, il ne fait pas l’objet d’un recours collectif.

Dans certaines régions des États-Unis, on a observé que les raccords en laiton utilisés pour relier les tuyaux de Kitec auraient tendance à se corroder et s’affaiblir. Des fuites soudaines ont eu lieu. Cette usure prématurée pourrait être liée aux propriétés de l’eau dans certains réseaux d’aqueduc. Au Nevada, une vaste campagne a eu lieu pour remplacer la plomberie Kitec dans des milliers de résidences.

Aucun cas de détérioration ou de bris soudain n’a été rapporté au Québec.

Un recours collectif nord-américain a pourtant été intenté contre le fabricant. En 2011, les tribunaux aux États-Unis, en Ontario et au Québec ont approuvé un règlement qui prévoit un fonds de 125 millions; 25 millions iront aux avocats et 100 millions, aux consommateurs canadiens et américains.

Assurances

En contexte de transaction immobilière, le Kitec devient un sérieux problème. Plusieurs assureurs ne veulent rien savoir. Si vous souhaitez acheter une maison ou un logement dont la plomberie d’alimentation est en Kitec, ajoutez aux conditions de l’offre d’achat l’obtention d’une couverture d’assurance.

Les cas de défaillance du Kitec au Canada sont pourtant très rares, voire inexistants. À Toronto, le fondateur de la firme d’inspection Carson Dunlop, Alan Carson, rapporte n’avoir jamais encore eu connaissance de problèmes réels sur le terrain.

Les plombiers interrogés pour cet article n’ont jamais fait face à des défaillances du Kitec.

«J’en ai chez moi depuis 15 ans dans mon plancher chauffant, et il est en parfaite condition. Nous avons un client qui en a dans une centaine de condos dans le Vieux-Montréal et quand on se déplace, ce n’est jamais à cause du Kitec», assure Alain Chayer, copropriétaire de la Plomberie Roger Chayer.

Selon Steve Lenghan, président de la Plomberie Fury, le Kitec n’est pas un mauvais produit en soi. Le principal problème, selon lui, est la rareté des raccords. Le produit n’étant plus vendu, seuls quelques plombiers ont encore en stock les raccords en laiton qui sont nécessaires lors de modifications.

«Le plombier qui vient changer un chauffe-eau n’aura pas nécessairement les raccords de transition dans son camion», illustre Steve Lenghan.

On n’a pas encore vu de cas à Montréal où des propriétaires ont fait retirer toute la plomberie en Kitec, comme cela se fait couramment avec l’acier galvanisé ou parfois avec le Poly-B. «Avec des cuisines à l’avant et des salles de bains à l’arrière dans les constructions récentes qui ont du Kitec, ça ferait beaucoup de tuyauterie à changer dans les plafonds», prévient le plombier Alexandre Vincent Dubois.

À la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec, les membres plombiers ont été informés du recours collectif. On leur recommande de suggérer à leurs clients de remplir le formulaire de réclamation. Ils ont jusqu’au 9 janvier 2020 pour le faire.

RÉFÉRENCE : La presse, http://www.lapresse.ca/maison/immobilier/conseils/201709/29/01-5137843-kitec-la-plomberie-qui-fait-fuir-des-assureurs.php

MAJ : JFM-2017-09-30